Tumblelog by Soup.io
Newer posts are loading.
You are at the newest post.
Click here to check if anything new just came in.

La Troisième Guerre des Navigateurs a commencé…

… et son objectif est la conquête de votre ordinateur!

C’est du moins ce qu’il transparait du tohu-bohu soulevé par la sortie de Google Chrome, le nouveau navigateur publié par le colosse Google. Il est vrai que l’apparition d’un nouvel acteur de taille dans ce domaine très combattu est un événement plus unique que rare…

De quoi s’agit-il?

Bref rappel des faits: lundi, le 1er septembre, le site Google Blogoscoped publiait le scoop: un courriel, apparemment envoyé un peu vite à certains médias et sans date d’embargo, présentait une B.D. dessinée par le célèbre Scott McCloud. Il s’agissait d’une présentation pour le moins originale d’un projet de Google, un nouveau navigateur appelé Google Chrome. Seulement voilà, le produit n’était pas encore prêt au lancement…

La nouvelle s’est aussitôt transformée en une véritable trainée de poudre à travers toute la toile, et la B.D. en question s’est retrouvée publiée sur plusieurs sites. Très gracieusement, Google a assumé son erreur et a très rapidement publié quelques détails supplémentaires sur son blog officiel, avec la promesse d’anticiper la sortie de son produit au lendemain, le 2 septembre (au matin du 3 ici en Europe). Mieux encore: Chrome serait directement disponible en plusieurs langues et, surtout, open source! Seul bémol: pour l’instant seule une version Windows est disponible, les utilisateurs Mac et Linux devront encore patienter quelque peu…

À quoi ressemble Chrome?

En guise de test, nous avons employé uniquement Google Chrome depuis ce matin. La première impression est très bonne, avec une interface soignée, épurée à l’extrême, reflétant le goût minimaliste de la page d’accueil de Google:

L'interface de Google Chrome

L'interface épurée de Google Chrome

Les onglets (qui prennent de l’importance, devenant la base des “fenêtres” de Chrome), la barre d’adresse (appellée Omnibar), quelques boutons… et c’est tout!

Par contre, dès que l’on plonge un peu plus dans les fonctionnalités du logiciel, on se rend compte du nombre d’astuces qui ont été incluses dans le navigateur. Au point que nous reviendront dans un prochain article sur certaines d’entre elles.

Côté moteur de rendu, les ingénieurs de Google on choisi Webkit (pensez à Safari, de Apple) plutot que Gecko (le moteur de Firefox et confrères). Par contre, nombre de détails (raccourcis clavier, choix d’interface, etc.) font penser également à Firefox. Il semblerait donc que l’équipe Google ait puisé le meilleur des deux mondes, en y ajoutant un peu de leur sauce pour épicer le tout…

Et Chrome est très rapide: ce n’est peut-être pas très sensible de prime abord, mais dès que l’on visite un site un tant soit peu interactif tel que, au hasard, Gmail, la différence est énorme! Le nouvel interpreteur JavaScript V8 semble bien fonctionner. Cela n’est pas sans nous rappeler l’époque ou nous testions Firefox 0.7: une sensation de fraîcheur et de redécouverte du plaisir simple du surf sur le web…

Enfin, côté stabilité, nous n’avons eu “que” deux plantages à déplorer de la journée. Dans un cas, un onglet tournant en boucle lors d’une séance de surf intensive (plus de 30 onglets ouverts) n’a pas suffi à mettre Chrome à genoux. Seul l’onglet a planté, nous permettant de continuer notre séance. Dans l’autre cas, c’est tout de même l’entier du navigateur qui a déclaré forfait, malheureusement sans reprendre après coup la navigation au point ou elle s’était interrompue. Mais rappelons ici qu’il s’agit d’une version 0.2, toutes proportions gardées sur 8 heures d’emploi cela laisse promettre d’un bel avenir.

Une guerre? Ou une simple escarmouche?

 

Le Jour le plus long (droits réservés)

Le Jour le plus long (droits réservés)

La sortie de Google Chrome relancera-t-elle, comme le décrient déjà certains, la Guerre des Navigateurs? Ou marque-t-elle juste une autre étape dans la Deuxième Guerre (encore en cours) entre Microsoft Internet Explorer et Mozilla Firefox?

 

L’écosystème actuel des navigateurs est bien différent de celui que nous avions connu il y a 5 ans. À l’époque, Internet Explorer se dressait pratiquement seul sur les décombres encore fumants laissés par ce qui avait été la Guerre des Navigateurs. Netscape avait été annihilé quelque temps auparavant par le colosse de Redmond. Mais dans un geste du dernier espoir, celui qui fut le navigateur par définition libéra son code source. Et déjà un petit nouveau se préparait à ressurgir de ses cendres…

Aujourd’hui, par contre, on ne sait presque plus où donner de la tête. Jugez plutôt:

  1. Nous avons toujours Internet Explorer, et son moteur de rendu Trident, qui domine toujours le paysage et de haut, mais qui a désormais disparu de sa brève excursion dans le monde Unix et Macintosh. En outre, on ne peut vraiment plus parler d’hégémonie d’IE par rapport aux autres navigateurs.
  2. D’autre part, Firefox (et son moteur de rendu Gecko) s’est révélé être un acteur avec lequel il faut compter. Et avec lequel il faudra vraisemblablement toujours plus compter à l’avenir: il sffit pour cela de voir la plétore de dérivés qu’il a produit, de Camino sur le Mac à K-Meleon sur PC Windows, en passant par les applications spécialisées Songbird ou Miro.
  3. Apple, qui a connu un retour en très grande force sous l’ère Jobs 2.0, a également sorti son propre navigateur: Safari (moteur de rendu: Webkit). À présent, celui-ci est disponible même sous Windows, bien qu’en une forme permettant essentiellement aux développeurs de tester certains aspects de leurs sites plutôt qu’au grand public de l’employer en tant que navigateur principal…
  4. Opera, en général le grand oublié de ces listes. Le petit et rapide navigateur norvégien (moteur de rendu: Presto), depuis quelques années bel et bien gratuit, a ses fidèles et il ne faudrait pas l’exclure trop vite de la course. Même s’il semble destiné à jouer encore longtemps les seconds couteaux, c’est bel et bien lui qui a introduit la notion d’onglets de navigation rendus célèbres plus tard par Firefox et repris dans Google Chrome en tant qu’élément dominant de son interface. On lui doit bien d’autres innovations encore.
  5. Sous Linux, nous avons également deux poids lourds: d’une part Galeon, qui employe également Gecko en tant que moteur de rendu…
  6. … Et d’autre part Konqueror, qui possède son propre moteur de rendu appelé KHTML.
  7. Et le dernier venu, Google Chrome justement, qui utilise Webkit, nous l’avons dit

Avec cette liste, nous avons une vue d’ensemble des navigateurs largement dominants ainsi que de ceux de niche, mais importants pour certains systèmes d’exploitation.

On constate que sur les sept cités, si on ne compte pas les dérivés, quatre sont open source (Firefox, Galeon, Konqueror et Chrome) - et cette courte majorité a été emportée grace à Chrome, justement! Par contre, objectivement, seul Firefox fait aujourd’hui le poids face aux navigateurs propriétaires.

D’autre part, seul deux des moteurs de rendu sont entièrement propriétaires (Trident et Presto). Gecko s’étend en effet hors de la seule sphère de Firefox et Webkit est au coeur de Safari (qui reste par contre un logiciel propriétaire).

Bref, plus qu’à une réédition de la Guerre des Navigateurs, nous semblons assister aujourd’hui à une lutte intense entre le camp open source d’une part (avec ses essaims de produits et dérivés) et les logiciels gratuits mais propriétaires d’autre part. À ce jour, seule la bagarre entre Internet Explorer et Firefox rappellera quelques souvenirs aux vétérans de la période 1995-2002, sans plus. Mais ne nous y trompons pas, les enjeux économiques restent énormes!

À la conquête du bureau

Mais alors, pourquoi diantre le géant de Mountain View a décidé de sortir son propre navigateur dans un domaine déjà fort occupé? Pourquoi ne pas avoir réinvesti ses énormes moyens financiers et d’intelligence en soutenant et aidant au développement de, par exemple, Firefox?

Oui, Google soutien aussi Firefox (chaque recherche Google effectuée dans sa barre de recherche rapporte un soutien financier à Mozilla), mais nous pensons surtout que ce nouveau colosse informatique vise autre chose que la conquête du paysage. Parmi les points forts de Google Chrome, ce qui est surtout mis en avant c’est sa capacité à briller dans tout ce qui concerne les applications web, que ce soit des sites à la sauce Web 2.0, très gourmands en temres de bande passante, ou via son extension Google Gears. Chrome est même capable de “créér une application” à partir d’un site web, soit préparer une fenêtre spéciale dédiée à son affichage et que l’usager pourra appeler d’un clic sur l’icône affichée sur son bureau ou dans son menu démarrer… La bande dessinée présentant le produit (un choix original, que nous verrons probablement repris ailleurs dans peu de temps) fait également à plusieurs reprises la comparaison entre Chrome et les systèmes d’exploitation modernes (meilleure gestion de la mémoire, compartimentation des processus, etc.).

Bref, il semblerait bien qu’en philigrane nous voyons se dessiner le véritable objectif à long terme de Google: reprendre à Microsoft non pas les maigres lauriers du marché des navigateurs, mais la scintillante couronne de la domination du desktop, du bureau informatique des usagers. Google Chrome semble se poser comme la première pièce maîtresse de ce fameux système d’exploitation GoogleOS, dont la rumeur se faisait de plus en plus insistante ces dernières années. Par le navigateur, l’équipe du Grand G semble apercevoir un moyent de court-circuiter l’utilité de Windows dans un futur proche où, de plus en plus, ce que nous produisions sur nos ordinateurs nous le produiront directement sur le réseau des réseaux.

Post from: Almaren

La Troisième Guerre des Navigateurs a commencé…

Don't be the product, buy the product!

Schweinderl