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Tabula rasa

Il est grand temps d’effectuer une réinitialisation sur Almaren.

Au début des années ‘90, je prenais mon courage à deux mains et bricolais mon premier fichier html, afin d’y recueillir annotations diverses, liens et ressources découverts au fil de ce que l’on appelait alors le surf sur le web. Ce fut la première naissance d’Almaren, alors hébergée sur un serveur de l’Université.

Naturellement, ce fichier évolua, fut perdu, recréé, re-perdu… Dans la deuxième moitié des années ‘90, à peu près, je déplaçait ces annotations en vrac sur un serveur gratuit, puis un autre… Finalement, en 1998 j’officialisais la naissance de ce que je devais désormais appeler mon “site perso” avec l’achat d’un nom de domaine. La pratique devenait courante, j’étais même plutôt en retard sur la “vague”.

Entre-temps, j’avais admiré la vision de certains qui, comme Bruno Giussani, avaient réalisé qu’un nouveau média était en train d’évoluer à la vitesse grand V. Je lisais ses chroniques avec assiduité sur l’Hebdo, puis, plus tard, sur le webdo naissant. Ma passion pour ce média, ainsi que pour toutes les formes de communication, prenait forme. Il faut dire que le pas de la communication animale (j’étais encore dans les sciences naturelles à l’époque) à la communication humaine n’était pas si grand que cela…

Mais, puisque j’en suis à parler d’influences, ce sont les feu Chroniques de Cybérie de Jean-Pierre Cloutier qui m’ont véritablement poussé à passer de la simple page personnelle (essentiellement une plate-forme de liens, comme elle était conçue à l’époque, pas tellement éloignée des blogs et micro-blogs contemporains) à un site où pouvoir véritablement s’exprimer. D’ailleurs, le slogan d’Almaren (”Imprimé sur des électrons 100% recyclés”) a été pompé sans honte sur celui repéré au bas des Chroniques de Jean-Pierre Cloutier. J’ai toujours espéré qu’il ne m’en veuille pas trop…

Bon, les plans établis alors n’ont pas toujours fait long feu… Les bonnes résolutions d’écriture se sont souvent heurtées à une passion pour l’aspect technique de la chose, à cette soif d’apprendre toujours de nouvelles choses que j’ai encore la chance de posséder aujourd’hui. De plus, entre 18 et 38 ans on a le temps d’évoluer…

Bref, de récolte de notes à page perso, de page à site plus ou moins abouti, de récolte de liens à écriture personnelle (rien à voir avec Luisa Carrada, que j’admirais aussi beaucoup à l’époque pour ses conseils avisés), Almaren a eu sa dose de hauts et de bas. Mais je ne m’en souciait pas trop, cela restait (et reste toujours) un jouet personnel, une expérimentation et un dialogue avec ce média.

Mais d’une part, les choses ont bien changé sur le web. Ce qui pouvait alors être une expérimentation toute personnelle et privée (bon, à part les 2-3 amis qui lisaient par curiosité ces, disons, textes), servira aujourd’hui non seulement pour vous juger et vous jauger, mais pourra avoir une influence jusque sur votre travail et votre vie privée. Ce n’est pas un reni, ni une gène (j’ai toujours été trop réservé pour véritablement m’épancher en ligne, et le regretter ensuite), et je ne crains pas ce genre de situation. Mais ayant fini par ne plus me reconnaître moi-même dans mon propre site, je regrettais l’idée que d’autres puissent essayer de m’apercevoir à travers ce miroir déformant.

De plus, parti de pages codées mains, passé par l’emploi de divers scripts automatisés de publication (on ne parlait encore ni de blogs, ni de CMS), passé par divers hébergeurs, mis entre parenthèses pour un passage sur Blogger (avant même son rachat par Google), puis réanimé suite à la découverte de Movable Type… Almaren en a vu des vertes et des pas mûres. Je suis passé très rapidement sous WordPress (à la sortie de la première version rendue publique par Matt, la 0.7 sauf erreur), mais déjà je n’écrivais plus vraiment: récolter un lien par-ci, partager un tuyaux par-là… Les différents versions de WordPress se sont succédées. Elles se sont même alternées, lors d’une longue valse-hésitation, avec le troisième larron qu’est Textpattern…

Enfin, tout ceci pour dire que le site, et surtout sa base de données, est devenu gentiment plus difficilement gérable, puis les petits détritus se sont cumulés jusqu’à devenir ce gros tas de poussières que tout le monde voit dans un coin du salon mais dont personne, tacitement, n’ose parler…  Il était grand temps d’y donner un grand coup de balai!

Surtout, surtout, contrairement à ma meilleure moitié, je n’avais désormais plus plaisir à écrire et maintenir ce site.

Alors voilà, Opération Tabula Rasa. À partir d’aujourd’hui, 08.08.08 (à 08h08, évidemment), je recommence à zéro. Afin de retrouver le plaisir de créér un site véritablement personnel. Après tout, je suis le principal lecteur et utilisateur d’Almaren, et si moi je n’y trouve plus de plaisir, tout ce que j’en obtiens c’est un trou de deux ans dans ses mises à jour.

Un jour, peut-être, je remettrai en ligne l’ancien contenu dans une sorte de grenier électronique, plus pour ma curiosité personnelle que pour une véritable utilité publique (je doute qu’il y en ait une). Mais je ne promets rien.

En attendant, si votre site personnel, votre ancienne passion, votre passe-temps favori a fini par vous lasser quelque peu, essayez vous aussi de faire table rase: ça aère les neurones, ça fait un bien fou! Et ça ouvre de nouveaux horizons. Après tout, il ne s’agit que d’électrons…

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